jeudi, 22 mars 2007

9 MOIS APRES LA SIGNATURE DU "PACTE DU CAFE DE VERSAILLES"


Le Matin d'Abidjan

Blé Goudé, KKB et Yayoro ensemble pour la paix.

Neuf mois après avoir désamorcé la " bombe des audiences foraines ", Blé Goudé, KKB, Yayoro et Alpha Blondy, les signataires du " pacte du Café de Versailles " ont été primés hier pour avoir sauvé la Côte d'Ivoire.

En juillet 2006, du fait d'incompréhensions nées de " la crise des audiences foraines ", la Côte d'Ivoire a failli basculer dans la guerre civile. Mais les leaders de jeunesse conscients de l'imminence du chaos qui menaçait leur pays, ont, à la surprise générale, su dire stop à temps. De façon responsable. Ce refus de plonger la Côte d'Ivoire dans l'escalade de la violence s'est concrétisé par la signature du " pacte du Café de Versailles ", sous les auspices d'Alpha Blondy. Neuf mois après, ce geste de grande portée, décrié en son temps par les caciques de chaque bord, vient d'être salué à sa juste valeur. L'ONG ''Notre Nation'' de M. Assoumou N'goran, estimant que c'est " un comportement exemplaire qui prouve leur attachement à la côte d'Ivoire ", a décidé de les honorer. Charles Blé Goudé de l'Alliance des jeunes patriotes, KKB de la JPDCI, Karamoko Yayoro du RJR, les trois signataires du " traité de paix ", et Alpha Blondy, le facilitateur de ce " petit dialogue direct ", ont été primés hier au cours d'une sympathique cérémonie. L'ambiance était donc à la célébration de la cohésion nationale, de la paix. Pour donner l'exemple de l'unité retrouvée, c'est main dans la main que les trois leaders ont pris pied à la salle des fêtes de l'Hôtel Ivoire où ils étaient conviés à recevoir leur " prix collectif pour la promotion de la cohésion nationale ". Pour chacun des trois récipiendaires, ce prix est la preuve qu'ils ont eu trop tôt raison de braver les critiques qui fusaient ça et là pour poser ce geste qui a sauvé la Côte d'Ivoire. D'ailleurs, à en croire Karamoko Yayoro, président de la jeunesse du RDR, " il fallait oser parce que ce qui compte c'est la Côte d'Ivoire, et rien d'autre n'est au dessus de l'intérêt de la nation ". Même son de cloche chez KKB, leader de la jeunesse du PDCI qui a souhaité " que ce acte fasse tâche d'huile ". " Sans calcul, nous avons posé cet acte parce que ça nous a permis de gagner la paix. Que les jeunes s'en inspirent car le seul intérêt qui compte, c'est celui de la Côte d'Ivoire ", a poursuivi le premier responsable des jeunes du PDCI. Charles Blé Goudé, le leader des jeunes patriotes, a avant tout propos salué la sagesse des ses " frères " Yayoro et KKB qui neuf mois après, n'ont pas trahi le secret de leur accord. Le président du COJEP n'a pas aussi manqué de féliciter ses amis de l'Alliance des jeunes patriotes pour avoir compris avec lui l'opportunité de cet acte. Mais plus que tout, il a souhaité que ce prix soit un appel à une prise de conscience de la jeunesse. " Arrêtons d'être une caisse de résonance de nos aînés. Demain est pour nous. Que plus jamais nous n'acceptions de discours ethniques. Engageons la bataille pour donner le pouvoir à la jeunesse. C'est le prochain combat que nous devons mener. Je m'y engage et j'invite KKB et Yayoro à se joindre à moi. Nous devons le faire pour démontrer que nous ne sommes pas enchaînés ", a martelé Charles Blé Goudé, à l'endroit de toute la jeunesse ivoirienne qu'il a invitée à prendre ses responsabilités. MM Gnohité Hilaire et Ouattara Gnonzié, représentant respectivement le Président Laurent Gbagbo et le président du CES Laurent Dona Fologo, ont quant à eux salué l'esprit républicain de ces jeunes qui ont su, quand il le fallait, tiédir l'ardeur militante de leurs troupes. Pour sauver la Côte d'Ivoire. Alpha Blondy étant en ce moment hors de pays, son " prix pour la cohésion nationale " a été réceptionné par son représentant, M. Alassane Mourad.

Mireille Abié

LE PRESIDENT DU COJEP PREPARE UN GRAND COUP


Le Matin d'Abidjan

Alors que la caravane de la paix qu'il conduit depuis un mois, à travers la zone gouvernementale, n'a pas encore connu son apothéose (celle-ci est prévue pour le 14 avril 2007 au parc des sports de Treichville), déjà Charles Blé Goudé est sur un nouveau projet qualifié de " révolutionnaire " par ceux qui sont dans le secret des dieux. De bonnes sources, il s'agit d'une initiative en faveur d'une plus grande responsabilisation des jeunes aussi bien dans l'Administration, dans les entreprises que dans les différentes chapelles politiques. C'est-à-dire une meilleure représentation de la jeunesse y compris aux différents postes de décision. L'on fait état d'un quota minimal que le leader du Cojep entend négocier dans les prochaines semaines avec tous les décideurs officiels et ceux qui détiennent une quelconque parcelle de pouvoir en Côte d'Ivoire. En somme une sorte de discrimination positive en faveur des jeunes, qui on le sait, auront payé le plus lourd tribut à la guerre et sont les plus touchés par la crise économique qui frappe le pays depuis plusieurs années. Le " général " des jeunes patriotes dit ne pas comprendre qu'alors que les jeunes peuvent décider de l'avenir politique de leur pays en votant, faire la guerre pour défendre la patrie en danger, ils sont toujours écartés des postes de décision quand bien même ils ont parfois le profil de l'emploi. Comme si leur jeune âge, poursuit le président de l'Alliance, les condamnait à être juste bons pour " placer les bâches lors des cérémonies et coller les affiches pendant les campagnes électorales ". Le jeune tribun met un point d'honneur à ce que le ministère de la jeunesse revienne désormais à un jeune car, dit-il, " c'est un jeune qui peut comprendre aisément les aspirations et les préoccupations des jeunes ". C'est donc pour faire entendre ce cri du cœur de la jeunesse que Blé Goudé, au lendemain du 14 avril, prendra son bâton de pèlerin pour aller à la rencontre des décideurs et autres chefs de partis politiques pour faire du lobbying tous azimuts en faveur de son projet d'insertion des jeunes qui, dit-on, est aujourd'hui classé au rang de priorité n°1 à son niveau. Précision de taille selon des sources proches du sujet, " ce concept n'a aucune couleur politique ; il concerne tous les jeunes de Côte d'Ivoire ". Et l'initiateur, assure-t-on, est en parfaite harmonie sur la question avec tous les leaders de jeunesse des partis politiques. Assurément, c'est une initiative qui ne manquera pas de mettre le feu à certaines chapelles politiques et autres secteurs d'activités où le rajeunissement des effectifs a toujours été le cadet des soucis des dirigeants. Aussi quand on sait que depuis le 19 septembre 2002, le patron du Cojep a rarement échoué dans une initiative, on imagine aisément le tremblement de terre qui pointe à l'horizon et qui, à coup sûr, fera chambouler bien des choses. En bousculant des habitudes. Wait and see !

Géraldine Diomandé

mardi, 20 mars 2007

ENTRETIEN/CENTRE DE COMMANDEMENT INTEGRE


Le Gal Philipe Mangou, chef d’etat Major des Armées
"Les problèmes des grades seront réglés"

Présent samedi dernier à Bouaké, où il a rencontré le secrétaire général de la rébellion, Guillaume Soro, le chef d'état-major des Forces de défense et de sécurité (FDS), a fait des précisions sur la question de l'état-major intégré, voulu par la rébellion.

Vous êtes avec votre frère d'arme, quel est votre état d'âme à ce moment précis ?

Je suis très heureux ; ce n'est pas la première fois que nous sommes ensemble. Cela fait plusieurs fois, mais cette fois- ci, je suis particulièrement heureux parce que nous sommes venus rencontrer monsieur le ministre d'Etat Soro Guillaume qui nous a parlé un peu de l'accord. Il nous a fait la genèse de l'accord, il nous a parlé de l'esprit qui a entouré cet accord et nous a fait part de sa ferme volonté d'aller à la paix. Je suis heureux parce qu'il m'a parlé avec son coeur et on sent la détermination dans ce qu'il nous a dit. Il a dit, qu'il faudrait que nous puissions travailler en partenariat et que chaque fois qu'on serait confronté à des obstacles, qu'on pouvait soit aller voir le président Gbagbo, soit venir le voir mais dans tous les cas, qu'il faut faire avancer la paix. Je lui ai dit que c'est vrai, avec le président Gbagbo, il constitue la fondation. Bakayoko et moi, nous constituons les piliers, il nous appartient de travailler, de faire en sorte que ces piliers ne s'écroulent pas pour que nous allions jusqu'au bout.

Justement, qu'est-ce qu'il faut faire pour que les piliers ne s'écroulent pas ?

Mais, nous allons travailler ensemble. Nous sommes des militaires et allons travailler ensemble. Nous allons faire la sensibilisation de nos hommes pour leur dire que nous allons à la paix afin qu'ils comprennent le bien fondé de cette paix et que même ceux qui sont un peu réticents adhèrent au processus pour que nous puissions avancer afin que notre pays puisse retrouver facilement la paix.

Lorsque vous avez signé les accords du 4 juillet, vous avez dit : " nous prendrons nos responsabilités si ça ne marche pas du côté des politiciens ". Que dites -vous maintenant ?

Vous avez la réponse ; ça marche bien du côté des politiciens.

N'avez- vous pas de responsabilités à prendre ?

Nous n'avons pas de responsabilités à prendre. Nous sommes des militaires aux ordres. Nos hommes politiques veulent de la paix ; nous n'avons pas le choix, nous leur emboîtons le pas ; nous voulons de la paix, nous allons faire la paix.

Devant la presse, votre frère Soumaïla Bakayoko est là, que lui dites-vous ?

Parlez-lui. C'est simple, depuis que l'accord a été signé le 4 mars, mon ancien compagnon et moi ne faisons que nous appeler au téléphone pour nous parler et nous dire que nous avons une très grande responsabilité à assumer ; nous devons l'assumer jusqu'au bout. C'est à dire faire en sorte que notre pays retrouve la paix, faire en sorte que nous puissions avoir une armée, parce qu'il s'agit des enfants de ce pays. Nous avons parlé de réunification, ça ne fait pas peur parce que ce sont les enfants de la Côte d'Ivoire qui vont constituer l'armée avec les missions qui seront dévolues à cette armée. Donc nous savons la responsabilité qui est la nôtre.

A propos de l'état- major intégré, qu'avez- vous décidé en fin de compte avec votre frère d'arme ?

S'agissant de l'état-major intégré, pour le moment, nous n'en parlons pas. L'accord de Ouaga est clair là-dessus. Chaque armée garde son état-major mais nous mettons sur pied un centre de commandement intégré pour les missions qui sont dévolues à ce centre et qui sont contenues dans l'accord. Et puis, lorsqu'on aura fait la réunification, les officiers d'ici travailleront avec nos officiers ; en ce moment, on le fera en état- major intégré. Donc on ne parlera même plus d'intégration mais on parlera d'une armée et d'un état- major.

Qu'en est-il des grades ?

Le problème de grades avec l'accord de Ouaga, il faut s'asseoir pour qu'il n'y ait pas d'obstacle. Cela ne peut constituer un obstacle ; ce sont des problèmes que nous allons régler.

Source : fnci.info

LE 2EME ROUND DU DIALOGUE DIRECT DE OUAGA

AU MENU : PRIMATURE ET PORTEFEUILLES MINISTERIELS

Fratmat-19/3/2007

Après un mois de discussions qui se sont soldées, le 4 mars dernier, à Ouagadougou, par un accord politique, les deux délégations se retrouvent aujourd’hui pour le deuxième round des pourparlers. La partie présidentielle dirigée par le Conseiller spécial chargé des affaires juridiques et porte-parole de la Présidence de la République, Désiré Tagro, s’est envolée samedi à 16 heures à destination du Burkina Faso. Comme la précédente fois, elle s’installera à l’hôtel Sofitel Ouaga 2000. Sur place, elle trouvera une partie de la délégation des Forces nouvelles qui l’y a devancée depuis jeudi dernier, selon des sources proches du dossier. Elle comprend le chef de délégation, le ministre Louis André Dacoury-Tabley, secrétaire général adjoint du mouvement, le directeur de cabinet et porte-parole Sidiki Konaté des F.N, le directeur de cabinet adjoint, Alain Lobognon, et le ministre de la Justice Koné Mamadou. Le secrétaire général des F.N, Guillaume Soro, qui doit prendre part aux négociations, y est annoncé mardi ou mercredi.

Sous la présidence du facilitateur, le Chef de l’Etat burkinabé et président en exercice de la CEDEAO, Blaise Compaoré, les deux parties vont réfléchir, durant une semaine aux modalités concrètes d’application de l’accord paraphé d’abord le 3 mars par Désiré Tagro et Dacoury-Tabley avant d’être signé le lendemain par le Président Gbagbo et Guillaume Soro. Précisément, à «la mise en place du cadre institutionnel d’exécution». Il s’agira de débattre notamment de la question de la nomination du Premier ministre. Tout porte à croire que M. Soro Guillaume, actuellement ministre d’Etat, ministre de la Reconstruction et de la Réinsertion dans le gouvernement de Charles Konan Banny et co-signateur de l’accord, occupera ce poste qui, selon ses propres termes, lui a été proposé par Laurent Gbagbo. Et ce avant même le début des discussions. En rapport avec la Primature, les deux parties débattront de la configuration du gouvernement ; c’est-à-dire le nombre de ministres et la répartition des portefeuilles d’abord entre les deux ex-parties belligérantes et ensuite la part à réserver à l’opposition politique.

Au vu des informations en notre possession, les discussions devraient s’inscrire dans le même registre que l’ensemble de l’accord de paix. A savoir : la réaffirmation de la nécessité du retour à la normalité institutionnelle. Ce qui suppose des débats dans le respect de la Constitution et de la souveraineté nationale. Une fois que cela est acquis, toutes les concessions sont possibles en ce qui concerne la distribution des portefeuilles ministériels. Toutefois, le doute ne semble plus permis en ce qui concerne le nombre des postes à pourvoir puisqu’on annonce que le gouvernement connaîtra assurément une restriction. Ainsi, des ministères et des ministères délégués vont disparaître pour les 10 mois à venir. Le cadre institutionnel d’exécution devrait être rendu public d’ici au 28 mars et la publication de la liste du gouvernement lors du Conseil des ministres du 5 avril.

Le premier acte concret enregistré en tenant compte du calendrier établi est la signature, le vendredi 16 mars, par le Président de la République du décret portant création du Centre de commandement intégré (CCI) qui doit déboucher sur la réunification des deux armées ex-belligérantes : les FDS-CI et les FDS-FN. Après les visites aux deux leaders, Laurent Gbagbo, vendredi au Palais présidentiel au Plateau, et Guillaume Soro, samedi à Bouaké, les deux chefs d’état-major, les généraux Philippe Mangou (FDS-CI) et Soumaïla Bakayoko (FDS-FN) travailleront à compter de ce matin dans ce sens. Le chronogramme de mise en œuvre de l’accord politique de Ouaga, joint en annexe, indique un délai d’exécution de 10 mois.

Les délégations

Camp présidentiel:
Désiré Tagro, conseiller spécial chargé des Affaires juridiques et porte-parole de la Présidence; Konaté Navigué, Béhiri Honoré, Djékouri Jeannie épse Dagbo. Arrivée de la délégation hier à Ouaga à 17 h 35mn et accueillie par le ministre de la Sécurité du Faso, Djibril Bassolé.

Forces nouvelles:
Dacoury-Tabley, ministre de la Solidarité et des Victimes de guerre, Secrétaire général adjoint des Forces nouvelles; Konaté Sidiki, Koné Mamadou, ministre de la Justice; Alain Lobognon, le ministre du Commerce, Dosso Moussa


Paulin N. Zobo

dimanche, 18 mars 2007

DES CONDITIONS REELLES D'UNE INDEPENDANCE VERITABLE


www.ivorian.net
Chroniques des temps nouveaux N°13

Plus de quarante ans après une pseudo-indépendance, les pays francophones d´Afrique de l´ouest gagneraient à créer des conditions réelles d´une indépendance véritable. Parmi ces conditions, figurent en pole position, la création d´une véritable monnaie ouest-africaine sans lien avec l´ancienne colonie. Le CFA, fait beaucoup penser à l´époque coloniale ; à un attachement des anciennes colonies africaines avec leur puissance tutélaire. Tout se fait et doit passer par la puissance coloniale. C´est bel et bien le trésor francais qui garantie la convertibilité du Fcfa par exemple qui a été constamment encré - avec modification de parité en 1994 – sur le Franc francais depuis plus d´une demi siècle. La France est représentée aux conseils d´administration des deux banques centrales. La Bceao et la Bceac. Ce qui veut dire que la France garde une certaine influence sur l´économie des pays francophones africains. Ce mécanisme a freiné le devéloppement des marchés financiers africains en canalisant les transactons vers la France et en perpétuant la dépendance à l´égard des décisions prises en Europe.

Une réelle indépendance voudrait que ces pays « coupent » ce lien avec la puissance coloniale pour créer eux-mêmes leurs propres monnaies. Le professeur Mamdou Koulibaly ne pouvait pas dire mieux que de vouloir une monnaie propre à la Cote d´Ivoire par exemple. Si nous sommes d´accord avec lui, force est de reconnaitre que la création de petites monnaies dans l´ouest africain ne resoudront aucun problème. Au contraire, elles finiront de donner raison à la France d´une manière ou d´une autre. Ce qu´il faut en Afrique, c´est la création d´une monnaie forte qui serait par exemple utilisée par tous les pays de l´Afrique de l´ouest sinon de toute l´Afrique. Aujourd’hui à la tête de l’Union africaine (UA) Alpha Oumar Konaré vient de proposer l’adoption d’une monnaie unique et commune à toute l’Afrique à l’horizon 2016.

Le processus menant à l’ intégration monétaire risque bien d’être long et laborieux, et c’est certainement le peu de progrès enregistré dans le processus d’intégration de la CEDEAO, dans un contexte de mondialisation, que les pays non membres de l’UEMOA ont pris la décision en 2000 à Bamako de mettre en place une approche accélérée pour la création d’une deuxième zone monétaire. Prenons le cas de l´Afrique de l´ouest. Si la monnaie unique est créée et acceptée par tous, la première des préoccupation serait de controler l´inflation, qui est parfois élévée dans certains pays. En 2003, par exemple la Sierra Leone avait un taux de 11.3% quand le Nigeria approchait les 24%. Au cas où l´inflation serait maitrisée, cela faciliterait à stabiliser les taux de change dans les pays ouest-africains et créerait un environnement plus stable pour les entreprises qui, parce qu´ayant confiance en cette économie pourront investir dans des projets à long terme. Le risque d´instabilité marcoéconomique se trouvant fortement réduit, ces pays pourront s´atteler à d´autres projets de développement. La stabilité financière reduirait également le risque de fuite des capitaux.

Le grand coup viendrait du marché de consommation qui, à l´horizon 2020 compterait plus de 350 millons dont 250 millions d´urbains avec un potientiel de consommation deux fois supérieur à celui de la France d´aujourd´hui. Cette monnaie faciliterait la libre-circulation des personnes et le libre-échange dans la région.

Un autre atout que cette création de la monnaie unique occasionnerait serait un accroissement des activités commerciales entre Etats africains. Comment compendre en effet qu´un Etat comme la Gambie par exemple « oublie » royalement l´huile végétale sénégalaise pour commander celle d´Espagne. Le commerce entre etats africains est de 10% en 2002 et est parmi les plus bas au monde. La monnaie unique, de par la mobilité qu´elle engendra, haussera à un niveau raisonnaibles, le commerce entre Etats africains. La monnaie africaine, il faut y croire et il faut la réaliser si nous voulons « sauter » dans le train de la mondialisation qui s´approche de notre gare. La monnaie unique, qu´en pensez-vous ? Partagez-vous mes idées ? ou bien pensez-vous qu´elle va créer plus de problèmes qu´elle n´en resoudra ?

Henri Gosse

VIDEO : MONDIALISATION QUAND LE FMI FABRIQUE LA MISERE







Mondialisation Quand le FMI fabrique la misère - kewego
Mondialisation Quand le FMI fabrique la misère - kewego

samedi, 17 mars 2007

POSE DE 1ERE PIERRE DE LA ZONE FRANCHE A BASSAM


Le chef de l'Etat : "Sortons de l'Economie de mendicité"

Le projet de la zone franche de la biotechnologie, des technologies de l'information et de la communication est bien engagé. Les constructions sortiront de terre d'ici peu. Le président Gbagbo a procédé à la pose de la première pierre hier.

La zone franche de la biotechnologie, des technologies de l'information et de la communication (ZBTIC) entre dans sa phase pratique. La première pierre a été posée hier à Grand Bassam, site abritant le projet. Le chef de l'Etat a effectué le déplacement pour présider la cérémonie. Pour le président Laurent Gbagbo, la Côte d'Ivoire et de façon générale les pays africains n'ont plus d'excuse à marquer le pas en matière de développement. " Nous avons raté la révolution industrielle, mais nous n'avons pas le droit de manquer la révolution informatique qui est en cours ", prévient-il. Parlant de la zone franche de Bassam, il explique que la biotechnologie et les technologies de l'information et de la communication sont deux secteurs essentiels qui guideront les actions du développement futur dans le monde. C'est pourquoi, poursuit le chef de l'Etat, la Côte d'Ivoire s'engage à se donner tous les atouts pour être en phase avec cette évolution qu'impose la nouvelle vision du développement, caractérisée par la mondialisation. Il explique que le cacao et le café ont impulsé le développement au niveau du pays. Mais qu'aujourd'hui l'avenir invite à asseoir d'autres bases de développement. " Le président feu Houphouët Boigny a réussi le pari en favorisant la culture du café, du cacao et d'autres cultures. Moi, je n'aurai rien fait si je me consacre encore à la production de ces mêmes spéculations. L'économie doit se diversifier. Ce à quoi nous devons réfléchir c'est de voir comment nous organiser pour mener la transformation de nos produits destinés à l'exportation ", indique le chef de l'Etat. Le président Gbagbo déplore que la Côte d'Ivoire et les autres pays africains produisent le café et le cacao et que les prix de ces produits soient fixés par les puissances étrangères. " Cela réduit les Africains à la mendicité puisqu'ils sont encore au stade de l'exportation de la matière première agricole sous la forme brute. Il nous faut sortir de cette situation de dépendance qui conduit à la mendicité ", indique le chef de l'Etat. Parlant de la Côte d'Ivoire, le président Gbagbo souligne qu'elle ne doit pas rester sur "ses petits acquis". Mais que le pays doit pouvoir se projeter loin dans le futur. Citant la Chine et l'Inde qui, pour lui, ont donné un exemple de développement aux pays du 1/3 monde. Le président Gbagbo indique que la Côte d'Ivoire devra pouvoir copier cet exemple des Chinois et Indiens et entraîner les autres pays africains dans cet élan. Nous devons faire partie des gens intelligents et des gens qui travaillent, souligne-t-il. Puis il a tenu à saluer les investisseurs nationaux et internationaux, surtout les partenaires indiens qui se sont engagés entièrement aux côtés de la Côte d'Ivoire dans la réalisation de la zone franche de Bassam, consacrée à la biotechnologie et aux TIC. Un des opérateurs chinois qui a pris le vol pour assister à la pose de la première pierre compte à lui seul investir 6 à 8 milliards Fcfa dans ce projet. Le commissaire général de la zone franche, M. Vincent Gadou Kragbé, intervenant peu avant s'est félicité de l'aboutissement de ce projet. Il a situé l'assistance sur les objectifs de ce parc technologique, à savoir ; créer des emplois pour la jeunesse de Côte d'Ivoire, diversifier l'économie et promouvoir les exportations, encourager les investissements privés directs nationaux et internationaux…Le député maire de Grand Bassam, Jean Michel Moulod, le président du conseil général, Akoi Innocent et plusieurs membres du gouvernement et des institutions de la République ont également pris part à cette cérémonie

Vincent Kouassi

mercredi, 14 mars 2007

MESSAGE DU SG DES FORCES NOUVELLES

Mes chers Compatriotes, Chers Amis de la Côte d'Ivoire,
Le 04 mars 2007, c'est en présence de Son Excellence Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso et président en exercice de la CEDEAO que M. Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d'Ivoire et moi-même, en ma qualité de Secrétaire Général des Forces Nouvelles de la République de Côte d'Ivoire, avons signé l'Accord politique de Ouagadougou, qui couronnait ainsi de succès un mois d'intenses négociations dans la capitale burkinabé. Permettez-moi de saluer et de noter avec vous la providence qui a permis que ce soit dans ce pays frère voisin avec qui nous partageons tant d'Histoire que la perspective d'une paix durable est conclue. C'est pourquoi, il me faut d'emblée dire toute ma reconnaissance au Président Blaise Compaoré pour son engagement personnel dans la recherche résolue de la stabilité de notre pays. Je ne peux également omettre de saluer et de remercier les Présidents John Agyekum Kufuor, Olusegun Obasanjo, Thabo Mbeki, Sassou Nguesso. Tous n'ont cessé d'assister la Côte d'Ivoire, mus par la légendaire solidarité africaine qui les a toujours caractérisés.

Chers compatriotes,
C'est bien le 1er janvier 2007 qu'au cours d'une adresse à la Nation, j'ai affirmé que les Forces Nouvelles ne sauraient être absentes au rendez-vous du dialogue. Car, toujours dialoguer permet d'éviter des affrontements inutiles. Les Forces Nouvelles, en acceptant le dialogue direct, n'avaient d'autre intérêt que la paix pour les Ivoiriens. Ce dialogue direct qui a duré tout un mois à Ouagadougou - et je dois le noter - a bénéficié de circonstances particulières. Tout d'abord, l'initiative du dialogue direct est venue du Président Laurent Gbagbo et a été soutenue de façon volontaire par le Président Compaoré. Ceci a eu pour incontestable avantage d'atténuer la grande méfiance des Forces Nouvelles et de permettre d'engager progressivement les débats dans une ambiance de convivialité et de sérénité. Contrairement à certaines négociations menées à pas de courses, et loin des angoisses et des pressions, le dialogue direct de Ouagadougou s'est donné tout le temps utile à son ambition, à savoir la réconciliation nationale. Dès lors, cet Accord bénéficie d'un atout supplémentaire : l'indispensable volonté politique des signataires. Ensuite, cet accord, le camp présidentiel l'a voulu ; le Président Blaise Compaoré, au nom de la CEDEAO, l'a vivement souhaité. Enfin, les Forces Nouvelles y ont fortement consenti. Il ne reste qu'au peuple de Côte d'Ivoire de se l'approprier pour que la paix soit possible. J'invite donc tout un chacun à s'impliquer dans la mise en œuvre pour que la paix se réalise. En signant cet accord, j'ai longtemps pensé aux jeunes, aux femmes de mon pays qui souffrent le martyr de la guerre. Ivoiriennes, Ivoiriens, Nous avons certes fait la guerre. Il nous faut à présent construire la paix. La signature de cet accord est pour nous l'engagement des Forces Nouvelles à sortir le pays de la crise pour amorcer le développement qui, mieux que les discours politiques, réconciliera. Je demande au G7 qui m'a mandaté et au peuple ivoirien qui me soutient de s'approprier l'accord politique de Ouagadougou et d'encourager la dynamique de paix qui envahit la Côte d'Ivoire.L'Accord de Ouagadougou est un bon compromis politique. Il consacre ni vainqueur, ni vaincu. Il n'y existe ni feinte, ni dribble. Ce qui y domine, c'est une volonté commune de voir avant tout la Côte d'Ivoire gagner et celle de donner à la paix toutes ses chances. La confiance revenue entre les filles et les fils de ce pays supprimera la zone de confiance, car après s'être mesurés au cours de violents combats, nous avons compris qu'il ne sert à rien de continuer la guerre, d'augmenter le nombre de victimes et de répandre la désolation au plus grand nombre. C'est pourquoi, dès mon retour de Ouagadougou, j'ai instruit mon armée et le Général Bakayoko Soumaïla de préparer activement les différentes phases du DDR, et en application du chronogramme de Ouagadougou, de se mettre en rapport avec le Général Mangou Philippe pour la mise en place du Centre du Commandement Intégré tel que recommandé. Ensemble, nous sommes fiers d'offrir au peuple de Côte d'Ivoire, les acquis essentiels qui sont :

- des titres d'identité à tous ceux qui le désirent.
- La possibilité aux citoyens ivoiriens âgés de plus de 18 ans d'aller aux urnes
afin de permettre à la Côte d'Ivoire de marquer un pas dans sa quête de démocratie.

Le désarmement des Forces en présence qui devra se faire et la création des nouvelles forces de défense et de sécurité attachées aux valeurs de probité républicaine consolideront la paix et la réconciliation vraie. Aussi, je reçois ce jour même un émissaire du Président de la République en vue de recueillir ses propositions sur le cadre institutionnel d'exécution pour lequel nous continuons de mener les réflexions. A la communauté internationale et aux forces impartiales qui nous ont évité le pire, j'adresse mes encouragements à poursuivre leur importante mission de paix. Aujourd'hui, je renouvelle mon engagement, ainsi que celui des Forces Nouvelles à appliquer pleinement cet accord que nous avons librement signé.
La paix est proche.
Oeuvrons ensemble pour sa réalisation pour le bonheur de tous.

Je vous remercie.

mardi, 13 mars 2007

LA CARAVANE DE LA PAIX A DALOA


Malinké et Bété main dans la main


La caravane de la paix était dimanche dernier à Daloa où elle a reçu un accueil enthousiaste des populations disposées à écouter le message de Blé Goudé et ses amis.

Dimanche 11 mars dernier. Daloa, cité des antilopes, dans le centre ouest du pays. Chose promise, chose due. La caravane de la paix, en provenance de Yamoussoukro, a fait son entrée dans la ville sous le coup de 16 h GMT. Sapia, la porte d'entrée de la cité annonce les couleurs. Les villageois, rassemblés en bordure de route s'impatientent de voir la caravane passer. Ils le manifestent par des cris et des chants. Une façon pour le peuple Bété hôte de dire ''Nisrê'' (Bienvenue) aux visiteurs. L'accueil est chaleureux. Enfants, jeunes et adultes (on a même vu des femmes enceintes) dans une procession qui s'étendait sur une dizaine de kilomètres avant de passer le corridor où d'autres villageois, prendront le relais comme s'ils s'étaient passés le mot. Cette liesse populaire, les agents des forces de défense et de sécurité (FDS) s'en joignent, levant les poings sur leur passage pour saluer l'initiative de la caravane de la paix. Pour aller du quartier Tazibouo à la Préfecture où les attendaient le corps préfectoral et le député Ori Bouazo, Charles Blé Goudé, Koné Seydou et leurs camarades de l'Alliance mettent un temps fou. Ils comprennent alors que la ville toute entière est mobilisée. En effet, commerçants, transporteurs, artisans et autres travailleurs, abandonnant leurs occupations, ont tenu à manifester leur joie d'accueillir la caravane de la paix dans leur localité. Après un bref échange avec le corps préfectoral du département, les visiteurs ont mis le cap sur le quartier Mosquée où réside l'imam principal. Le collège de dignitaires religieux signifie à la délégation qu'il attendait impatiemment son arrivée avant de dire des bénédictions et des mots d'encouragement. Quant au chef de terre, le quadragénaire Nahounou Semian, au quartier Gbeuliville, il dit être fier de l’action de Charles Blé Goudé. Séance tenante, il a élevé le visiteur au rang de "Kifi", c'est-à-dire un guide intrépide. Il est un peu plus de 17h 30 quand la délégation arrive à la place de la grande mosquée. Au pied de la grande mosquée de Daloa. Sur cet espace, malinké et bété s"étaient affrontés, chaque tribu revendiquant le titre de propriété sur le périmètre en question. Mais le dimanche soir, tous semblaient avoir oublié la discorde. Venus nombreux, musulmans, chrétiens, militants de différents partis politiques et autres ont mis de côté leurs différences. Pour parler de paix. Alico Bernabé, président de la coordination locale du Cojep est reconnaissant à cet égard, lui qui remercie la communauté musulmane d'avoir cédé l'espace pour un meeting. Les malinké eux-mêmes ont commis le jeune Sylla pour rassurer l’assistance qu'entre Bété et ''Dioula'', il n'y a eu que des frictions. Rien de plus. Mariam Sylla, présidente de la jeunesse féminine pour Gbagbo, convainc davantage. Elle qui a devancé les orateurs de la caravane en appelant les nordistes à un engagement franc. Elle sera rejointe par Koné Seydou, principal interlocuteur des Malinké. Comme il en a l'habitude depuis le début de la caravane, le 20 janvier dernier, le président de la jeunesse du Nord a aussi parlé dans la langue du terroir. Ovationné de longues minutes durant au cours de son speech, il cèdera le micro à Charles blé Goudé. "Arrêt spécial" sur le cas Banny, en vue de partager sa "précision" faite le samedi à Yamoussoukro. Intraitable, Blé invite Banny à rendre le tablier. "Je suis un homme de mission. Je ne suis pas un homme du pouvoir", prend-il au mot le chef du gouvernement. Et de relever : "Quand on vous confie une mission et que vous n'arriver pas à la réussir, vous devez démissionner". Le président du Cojep va plus loin en observant que la décision du Président Gbagbo de discuter avec Soro Guillaume est judicieuse d'autant que le chef de l'Etat est convaincu que Soro peut avoir la solution à la crise. ''Je vous encourage à soutenir cet accord de Ouagadougou", a-t-il interpellé les Ivoiriens qu'il entend tenir pour responsables de l'échec des compromis obtenus sous l'égide du Président Blaise Compaoré. "Si cet accord échoue, c'est la honte pour l'Afrique et la Côte d'Ivoire en particulier", fait-il remarquer avant de demander aux Ivoiriens de montrer au monde entier qu'ils sont capables de prendre leurs responsabilités.

Pourquoi Soro doit s'installer à la Primature

La main de Blé Goudé reste tendue à Soro Guillaume. Depuis qu'il lui a adressé officiellement une lettre lui demandant de recevoir la caravane dans la zone sous son contrôle, le président du COJEP ne cesse d'appeler les Ivoiriens de tous bords à tourner la page de la guerre. Et à pardonner à ceux qui ont porté le glaive dans le sein de la mère patrie et endeuillé les Ivoiriens. Concernant la probable nomination de Soro Guillaume au poste de Premier ministre, Blé Goudé a indiqué que son avis importe peu, au nom de la paix et de la réconciliation qu'il prône. De Yamoussoukro à Daloa, c'est ce message qui était sur les lèvres du leader de la jeunesse patriotique. Il s'est évertué à faire comprendre pourquoi Soro doit rentrer dans la République. "Je ne veux pas qu'on dise de ma génération que c'est elle qui est à la base des malheurs de la Côte d'Ivoire. Je ne veux pas qu'on dise que ma génération est sacrifiée", prévient Blé Goudé. Le messager de la paix ne s'est pas gêné pour dire en public : ''Soro Guillaume, Premier ministre ça ne me gêne pas". Bien plus, il pense que le chef de la rébellion, signataire de l'Accord de Ouaga, peut faire mieux que certains aujourd'hui à des postes de responsabilité de l'Etat. Et qu'il est même bien placé pour conduire le processus de paix à son terme. "Si Soro peut prendre ce poste de Premier ministre et mobiliser ses camarades pour dire ''réunifions le pays'', ce serait une bonne chose", explique-t-il. Pour le président du COJEP, il est temps "que chacun s'interroge sur ce qu'il doit faire pour son pays". Il a exhorté les populations à créer les conditions pour l'application de l'Accord de Ouaga qui est une "preuve de la maturité des Africains".

B.I

LE COJEP INTERPELLE LE 1ER MINISTRE


Fâché, Banny saisit Gbagbo

La réplique réservée samedi dernier à Yamoussoukro, place Jean Paul II, par le président du COJEP, Charles Blé Goudé aux propos du Premier ministre Charles Konan Banny a provoqué une vive réaction de ce dernier. Des sources crédibles dans l'entourage de l'intéressé rapportent, en effet, que le ''Primus'' n'a pas apprécié que Blé Goudé l'interpelle comme il l'a fait. Le large écho fait des propos du président du Cojep a donc mis Banny dans tous ses états. Au point qu’il s'en est remis au Président Laurent Gbagbo auprès de qui il s'est plaint de la sortie de l'initiateur de la caravane pour la paix. Le chef du gouvernement, précisent nos sources, a retenu au moins deux griefs contre le leader de la jeunesse patriotique. Primo, il s'étrangle que Blé Goudé le rappelle à l'ordre en public, lui faisant pratiquement une leçon de morale et de politique. Banny refuse ensuite de passer pour être de ceux "des Ivoiriens qui veulent se servir de la souffrance des Ivoiriens pour se faire une place au soleil", comme l'aurait implicitement présenté le président de l'Alliance. Par-dessus tout, ce qui aurait ulcéré le Premier des ministres, c'est qu'on vienne l'attaquer sur ses ''terres'' à Yamoussoukro. Le banquier venu de Dakar s'est abstenu de porter lui-même ses récriminations à Blé Goudé. C'est par le canal du chef de l'Etat, affirme nos informateurs, qu'il a saisi Blé de ses sorties qui l'indisposent. Le plaignant a donc prié le président d'exprimer son mécontentement à Charles Blé Goudé. Le message est-il parvenu à bon port ? Une chose est certaine, la réaction, hors micro cette fois, du chef du gouvernement montre que le tir du leader a fait mouche.

Bidi Ignace
Envoyé spécial à Yamoussoukro

lundi, 12 mars 2007

DEPART ANNONCE DE BANNY/ BLE GOUDE : "IL FAUT UN 1ER MINISTRE QUI PEUT UNIFIER LE PAYS"


Présent samedi dans la ville natale du Premier ministre, le président du COJEP a donné une suite à la dernière sortie du ministre Banny qui fait des pieds et des mains pour rester à la Primature.

Banny fait de la résistance. Face à l'opinion qui le donne partant de la Primature, il est sorti de ses gongs à Korhogo. Ses propos interpellent le président du COJEP. Charles Blé Goudé, l'initiateur de la caravane de la paix " Prends ma main mon frère ", a tenu à "faire des précisions " à Yamoussoukro où il a animé un gigantesque meeting dans l'après-midi du samedi dernier. Pour cela, le leader de la jeunesse patriotique a rappelé à l'assistance les premières heures des négociations entre Ivoiriens à Marcoussis (France). Au terme des débats entre partis politiques et représentants de la rébellion, dans ce stade de rugby de Marcoussis, se souvient Blé Goudé, "on a demandé à Gbagbo Laurent de se débarrasser de son Premier ministre Pascal Affi N'Guessan pour que la paix revienne en Côte d'Ivoire. Quand Gbagbo enlevait Affi N'Guessan, ce n'était pas pour l'humilier, c'était pour la paix. Après, on fait enlever Seydou Diarra. Ce n'était pas non plus pour l'humilier", a fait remarquer l'orateur. La désignation d'un Ivoirien à un poste de responsabilité précis, dans le cadre de la résolution de la crise qui secoue la Côte d'Ivoire, procède de la capacité qui lui est reconnue de pouvoir faire aboutir le processus, note-t-il. "On est toujours à la recherche de l'oiseau rare qui peut nous apporter la paix. On n'est pas là pour faire la promotion des gens. Nous sommes à la recherche d'un Ivoirien qui peut unir la Côte d'Ivoire. Nous sommes à la recherche d'un Ivoirien qui ne puisse pas se servir de la souffrance des Ivoiriens pour se faire une place au soleil. Pourquoi donc s'offusquer du remplacement d'un Ivoirien par un autre au poste de premier ministre ? ", interroge l'initiateur de la caravane. Vivement applaudi par un public venu nombreux l'écouter à la place Jean Paul II, au quartier Assabou, le leader de la jeunesse patriotique a ajouté que "tant qu'on devra changer de pièces pour que le moteur tourne, il faudra le faire et chaque Ivoirien doit accepter de faire sa part de sacrifice ", y compris accepter d'être révoqué de son poste quand on n'a pas pu réussir la mission pour laquelle on a été coopté à un poste donné. La caravane à l'assaut du ''Bannyland'' Des appréhensions d'avant meeting fondaient le scepticisme des uns et des autres. Qui sont même aller jusqu'à croire que la caravane ne réunirait pas grand monde dans la capitale politique ivoirienne. Pour plusieurs raisons. Primo, la ville au plus fort du malaise au sein du tandem Gbagbo-Banny, a servi d'arrière base au chef du gouvernement. Se retranchant aux pieds de la Basilique, Charles Konan Banny a longtemps travaillé à rallier les autochtones à sa cause. Objectif, les dresser contre le camp présidentiel. Secundo, l'influence du PDCI-RDA, dont le fondateur est natif de Yamoussoukro, et du RDR, deux partis bien implantés dans la ville, gênerait la caravane, selon des commentaires. En fait, des pro-Banny, pro-ADO et pédécéïtes ont de sources sûres tenté de dissuader la jeunesse de participer à la caravane initiée par le président du COJEP de passage dans la ville. En vain, car c'est une immense foule qui est venue de tous les recoins du département de Yamoussoukro pour écouter le message de paix de Blé Goudé et Koné Seydou de la jeunesse du Nord. Nombreux sont d’ailleurs les jeunes du RDR qui, s'associant à l'organisation de la caravane de la paix, ont ''boycotté'' le meeting qu'organisait, le même jour et au même moment, leur parti. La preuve, Cissé Youssouf, Fofana Awa Carine, Doumbia Yaya et d'autres militants du RDR-Dioulabougou ont activement participé à l'organisation du meeting de Blé Goudé, qu'ils ont suivi jusqu'à terme. La jeunesse malinké n'était pas en reste, elle qui est partie à pied, de la Grande mosquée de la paix, où les hôtes ont été reçus par un collège de chefs religieux dirigé par l'Imam Seydou Sylla au lieu de rassemblement. Vêtus de tee-shirts frappés du message ''Prends ma main mon frère, prends ma main ma soeur'', et aux couleurs nationales pour certains, des jeunes nordistes ont animé la procession des caravaniers par des chants. L'engouement était de mise et la mobilisation franche et disciplinée. MM. N'Dri Appolinaire, Gouverneur du District de Yamoussoukro, Oussou Kouassi, directeur général de l'Economie, Jean Baptiste Akrou, Directeur général par intérim de Fraternité matin, Mme Affit Soundélé, conseiller du chef de l'Etat et le collège des chefs traditionnels étaient de la fête.


Blé Goudé à Soro: "Parle aux Ivoiriens et non à nos colons"

Le jeune chef de la rébellion parle demain. Avant ce message aux Ivoiriens sur l'accord de paix qu'il a signé avec le chef de l'Etat, Charles Blé Goudé a décidé de lancer un appel à son ami avec qui il est brouillé pour cause de guerre. "Je le félicite pour avoir signé un accord avec Gbagbo Laurent. Mais en même temps, je l'appelle à la vigilance. Il est jeune comme moi et il a une lourde responsabilité dans cette crise. Tous les Ivoiriens attendent de lui un pas, un seul pas qui sauve", l'a -t-il prévenu. Cette précision fait suite aux nombreuses tractations souterraines en cours, contre l'application de l'accord politique du 4 mars dernier. Le PDCI-RDA, avec ses "fortes réserves", menace le compromis dont il demande la révision en certains points. La France manigance aussi via Omar Bongo du Gabon, pour intimider Soro Guillaume afin qu'il fasse marche arrière. Charles Konan Banny brandit pour sa part des menaces à peine voilées. Dans ce contexte il faut beaucoup de courage, estime le patron du COJEP. "Je souhaite qu'il (Soro) parle aux Ivoiriens et non à nos colons", a interpellé Blé Goudé qui craint que des conseillers occultes n'entraînent Soro Guillaume sur de mauvaises pistes après son acte de courage posé à Ouaga. "Je souhaite que Guillaume Soro se démarque de ceux qui veulent faire des états de services sur le dos des Ivoiriens, ceux qui refusent la retraite politique". Par ailleurs, il estime que l'adresse du patron du MPCI aux Ivoiriens doit être "une occasion de se réconcilier avec les Ivoiriens. Qu'il permette qu'il n'y ait plus de barrière entre les Ivoiriens". Le souci de Blé Goudé est, selon lui, d'amener les jeunes de sa génération à ne refuser d'être responsables des malheurs de la Côte d'Ivoire. C'est d'ailleurs le même message qu'il a adressé au public auquel il a demandé de sauver la Côte d'Ivoire par son engagement à s'approprier l'accord de paix. Le comité de réconciliation et de paix qu'il conseille aux jeunes sert à préparer l'esprit des uns à accepter les autres dans leur différence.

Bidi Ignaceb Envoyé spécial à Yamoussoukro

ENTRETIEN/ SORTIE DU LIVRE ''PAROLES D'HONNEUR''


Simone Gbagbo, auteur:
''Pourquoi j'ai édité l'ouvrage en France''


Dans quelques semaines, les partisans et adversaires du député Simone Gbagbo vont se familiariser avec son ouvrage-témoignage, sur les évènements que vit la Côte d'Ivoire depuis quelques années. Interrogée jeudi dernier sur le plateau du 20 H de la Première par Brou Amessan, la vice-présidente du parti présidentiel a levé un coin de voile sur les motivations qui sous-tendent l'écriture du livre, et le choix du pays d'édition.

Vous avez écrit un livre, ''Parole d'honneur. Est-ce à dire que vous n'avez qu'une seule parole ?
J'ai voulu, en écrivant ce livre, écrire part de vérité. Et dire en même temps que cette parole que je prononce sur l'histoire de mon pays, est une parole qui pour moi, est la vérité et qu'elle doit être prise en considération.

Est-ce votre évangile ?
Je pense que mon livre doit se situer entre l'ouvrage biographique et l'ouvrage de témoignage. C'est à mi-chemin entre ces deux genres. On retrouve des éléments de ma vie, mais aussi mon point de vue sur les évènements vécus en Côte d'Ivoire depuis plusieurs années, plus récemment et immédiatement.

Donc c'est un livre de combat ?
C'est un livre de combat

C'est un livre où vous exprimez la profondeur de votre foi en Dieu et à un homme. Et cet homme, c'est le Président Laurent Gbagbo que vous remerciez, parce qu'il a su forger en vous et aux Ivoiriens une âme forte de résistant pour libérer l'Afrique. Pensez-vous que le Président Gbagbo, votre époux, est l'homme providentiel qu'il faut à la Côte d'Ivoire, en ce moment précis de notre histoire?
J'ai envie de vous demander votre point de vue, mais je suis convaincue, moi, que Dieu fait toute chose en son temps, et qu'il met aux commandes de toute chose celui qui convient en temps voulu. Je crois que pour la période actuelle que nous vivons, le Président Laurent Gbagbo est l'homme qu'il convient. Et ce n'est pas un fait du hasard.

Vous écrivez dans votre livre : ''Là où il y a la volonté, il y a un chemin.'' Qu'est-ce que cela veut dire ?
L'histoire, les évènements récents de la Côte d'Ivoire le démontrent bien. Face à l'épreuve, on peut avoir le sentiment que tous les chemins sont bouchés. Mais quand il y a la volonté et la foi, on trouve toujours l'issu.

En 2004, quand l'armée française a tiré sur les Ivoiriens, quand les soldats de Jacques Chirac étaient aux portes du Palais présidentiel, avez-vous douté de Dieu ?
Non. Absolument pas, parce que ce moment là n'était pas un temps de doute. C'était un temps de révolte contre la France, contre l'invasion. C'était un temps de résistance.

Vous personnellement, comment l'avez-vous vécu ?
Debout. Mais cela m'a donné l'occasion de crier à Dieu et je pense que nous avons été nombreux, les Ivoiriens qui avons organisé, pendant toutes ces journées, toutes ces nuits…

Qu'avez-vous dit à Dieu particulièrement ?
J'ai dit à Dieu que le moment était venu d'intervenir et il l'a fait. Vous savez, Dieu nous dit dans la Bible qu'il faut le célébrer. Louez l'Eternel, et il vous délivrera de vos ennemis. Ce temps là, nous avons été agressés sauvagement par l'armée française. La nuit où ils ont tiré sur les deux ponts et sur la résidence présidentielle à Cocody, il aurait pu avoir des centaines de morts. Sur les deux ponts, nous avons enregistré six morts et aucun à la résidence. C'est la main de Dieu.

Quelles sont vos motivations en écrivant ''Parole d'honneur'' ?
(Soupir) Vous savez il y a tellement de choses qui ont été dites sur moi, sur le Président, mais également sur la Côte d'Ivoire ! Il m'a semblé important de dire ce qu'est la Côte d'Ivoire, ce que nous vivons dans ce pays. On ne pouvait plus se fier aux médias occidentaux pour parler au monde. Et je me suis dit que à travers un livre, on peut atteindre le monde.

C'est un livre de 512 pages. Quel temps avez-vous eu pour l'écrire, avec toutes vos occupations ?
J'ai travaillé plusieurs mois, de nuit et de jour. Ça été effectivement un travail acharné. J'avais des personnes pour m'aider. Par exemple lorsque nous avons commencé, c'était destiné à être un livre- entretien. J'ai été enregistrée, ensuite il y a une équipe qui a transcrit, j'ai corrigé, et puis chemin faisant, on s'est rendu compte qu'il valait mieux faire évoluer la forme de l'ouvrage.

Je ne comprends pas que c'est en France que vous avez décidé d'éditer ce livre ?
Ah ! Moi je comprends bien… Parce que vous voyez…

Vous êtes révoltée contre la France et vous éditez votre livre en France?
Oui, mais vous voyez, moi je ne suis pas contre les Français, et cela doit être clair, je ne suis pas contre la France. Mais je ne peux pas tolérer, je ne peux pas accepter ce que la Chiraquie a fait ici, ce que la Françafrique a fait ici. Voilà, c'est cela mon problème. En dehors de cela, j'aime bien les Français. Et comme c'est en France que se trouve l'équipe qui nous agresse, il était important que le message soit porté en France, par la France et à partir de là que ça revienne. C'est pour cela que je suis allée là-bas.

Comptez-vous vous rendre en France pour la promotion de votre livre, alors que Chirac est encore là, ou allez-vous attendre qu'il parte du pouvoir ?
Je ne crois pas que je vais aller en France ces jours-ci pour faire la promotion de l'ouvrage.

Pourquoi ?
Je n'ai pas le sentiment que je vais être bienvenue en ce moment-ci, et donc je préfère attendre encore un peu.

Disons un mot sur l'élection présidentielle en France. Le parcours de Segolène Royale…
Cela m'intéresse beaucoup de suivre ce qui se passe en France. Voyez, le fait que Segolène Royale ait pu être candidate est pour moi un fait révolutionnaire.

Une Jeanne d'Arc ?...
Oh ! je ne sais pas si c'est une Jeanne d'Arc, mais pour moi c'est la manifestation de l'évolution des mentalités. Dites-vous que depuis que l'Etat français existe, et cela remonte à des siècles, bien avant Louis XIV, jamais une femme n'a été acceptée sur le trône de France. On a des reines en Angleterre, en Espagne, et dans d'autres monarchies d'Europe. Mais en France, on ne l'avait jamais vu.

Les Français ont brûlé Jeanne d'Arc…
Les Français ont brûlé Jeanne d'Arc (…) Or aujourd'hui, ça s'accepte qu'une femme puisse compétir pour être installée à la tête de l'Etat.

Ce cas de figure est-il possible en Côte d'Ivoire ?
Tout à fait.

Vous par exemple ?
Moi j'ai déjà mon candidat…

Comme Hillary Clinton… Moi j'ai déjà mon candidat pour l'instant, et puis après on verra.

Comme Hillary Clinton qui est candidate, après que son époux a été Président ?
C'est un des cas de figure. Mais l'avenir dira.

Propos retranscrits par
Guillaume N'Guettia

CHARLES BLE GOUDE REPOND A BANNY "LE FAIT DE CEDER LE FAUTEUIL N'EST PAS UNE HUMILIATION"

Par Le Temps


"Personne ne peut m'empêcher de venir à Yamoussoukro. Je suis venu. Et j'ai parlé, il n' y a pas eu de guerre ". Ce sont les premiers mots de Charles Blé Goudé. Au cours de son meeting, le leader des jeunes s'est dit offusqué par les propos du Premier ministre lors de la journée internationale de la femme à Korhogo. En effet, au cours de la manifestation, le chef du gouvernement a indiqué qu'il ne se laissera pas humilié. Selon Charles Blé Goudé, le poste de Premier ministre n'est pas la plantation de qui que ce soit. Il a donné l'exemple de Pascal Affi N'Guessan qui a été sacrifié à Marcoussis, au nom de la paix. Seydou Diarra, son remplaçant, n'ayant pas rempli convenablement sa mission, a laissé la place, sans tambour ni recriminations. " Il ne faut pas, a indiqué Blé Goudé, se cacher derrière la politique et la souffrance du peuple, pour vouloir se faire une place au soleil. Il faut que chacun accepte de se sacrifier, pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire. Quand on a échoué, il faut avoir l'honnêteté de partir. ". Le meeting de Yamoussoukro a été l'occasion pour le leader des jeunes patriotes de faire clin d'œil à Guillaume Soro. Il lui demande de rester vigilant et de ne pas écouter les sirènes des oiseaux de mauvais augure qui n'ont qu'un seul objectif : l'utiliser pour assouvir leur besoin. L'ancien compagnon de Soro souhaite que ce dernier, lors de son discours le mardi prochain, fasse preuve de maturité : " Soro a l'occasion de lancer un message de paix à l'endroit des ivoiriens. Il faut qu'il se démarque de tous ceux qui ne veulent pas du retour de la paix en Côte d'Ivoire ". Pour le leader des jeunes patriotes, les Ivoiriens attendent de Soro, un seul pas. Le pas juste. Blé Goudé n'a pas épargné les éventuels torpilleurs de l'Accord de Ouagadougou. Notamment, la France et certains de ses valets qui s'agitent déjà. Ils rodent autour de l'Accord, comme des vautours. Parce qu'ils ont peur de la paix issue du génie des ivoiriens eux- mêmes. Ils aimeraient jouer le rôle de tuteur comme ils l'ont fait à Marcoussis. C'est pourquoi, le génie de Kpô invite les Ivoiriens à s'approprier cet Accord, car c'est le meilleur, depuis le début de la crise. " Les Accords signés jusque-là, n'avaient aucune originalité par rapport à celui de Ouagadougou " soutient-il. Selon lui, la jeunesse ivoirienne a un rôle important à jouer dans le processus de sortie de crise. En conséquence, elle ne doit pas être en marge de la caravane de la paix. Il estime qu'il n'y a pas de problème entre le nord et le sud. Ce sont les prédateurs, notamment la France, qui veulent diviser les Ivoiriens pour mieux exploiter le sous-sol. C'est le même schéma, selon lui, que la France a mis en place au Rwanda, au Burundi et au Congo. Pour lui, Si laurent Gbagbo et Guillaume Soro ont signé la paix, les Ivoiriens peuvent en faire autant en les imitant. Blé Goudé révèle que des pays qui étaient divisés sont en train de se réunifier. C'est le cas de Chypre ou de l'Irlande du Nord. Il pense que les Ivoiriens ont un seul bien commun la Côte d'ivoire. Par conséquent, les différentes visions doivent vivre ensemble.

Y.Gbané

SORTIE DE CRISE/BLE GOUDE : "LA SOLUTION DE SORTIE DE CRISE SE TROUVE DANS LE COEUR DE CHACUN"

Par Fraternité Matin

Dimanche 4 mars 2007. Aéroport International Felix Houphouët-Boigny d'Abidjan Port-Bouët. Photo : "La Galaxie Patriotique" était présente au grand complet avec Charles Blé Goudé, Richard Dakoury...

Les populations de Yamoussoukro dans leur diversité politique, ethnique et communautaire, les mouvements de jeunesse, confortés par certains chefs de village de la commune et de la sous-préfecture, ont déferlé, hier, sur la place Jean Paul II pour célébrer, avec le Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (COJEP) de Charles Blé Goudé, la messe de la paix et de l’unité nationale. Et avec eux, des hommes et des femmes venus des villes voisines de Sinfra, Toumodi, Tiébissou, Bouaflé, Djékanou, etc. De message de paix, tous en ont reçu du «général» Blé Goudé et de tous les orateurs qui se sont succédé sur ce podium géant qui trônait au centre de la Place Jean-Paul II. Depuis Fofana Ibrahima, président de la jeunesse du Nord, en passant par M. Ouédraogo, porte-parole des ressortissants de la CEDEAO, pour aboutir à M. Koné Seydou, président national de la jeunesse du Nord. Tous ont reconnu les effets néfastes des guerres avant de prôner la paix entre frères, quelle que soit l’ethnie ou la communauté. L’essentiel, c’est de vivre en paix, ont-ils souligné. A la grande mosquée de la Paix où Blé Goudé s’est d’abord rendu avant le meeting, l’imam Seydou Sylla n’est pas demeuré en reste. Il a salué cette belle initiative du général. Puis il lui a demandé de tout mettre en œuvre pour que l’école, la poste et les hôpitaux fonctionnent pour une paix totale dans le pays.

A la Place Jean-Paul II où le président du COJEP s’est rendu à 16h pour son meeting, les 15 bâches et les 5000 chaises prévues n’ont pas suffi aux populations qui ont décidé de braver la canicule. Elèves, étudiants, travailleurs, jeunes et vieux, tous ont voulu être témoins de cette messe de la paix organisée à un moment si délicat du pays. Et qui se dit de surcroît à Yamoussoukro et à un lieu tout aussi symbolique que la Place Jean-Paul II. «Nous sommes avec la jeunesse baoulé, dioula, bété, … de la CEDEAO, à la Place Jean-Paul II, à Yamoussoukro. Et le ciel n’est pas tombé sur Yamoussoukro. Quand on fait la paix, on est pour l’avenir des jeunes ; mais quand on fait la guerre, on est contre les jeunes», a lancé Blé Goudé. Avant de féliciter tous ceux des chefs de village, des cadres et des hommes politiques qui ont eu le courage de se départir de tous les préjugés pour assister à ce meeting de la paix. Yamoussoukro, a souligné Blé Goudé, demeure une ville de paix, une ville symbole, une ville de rassemblement et de fraternité, comme l’a voulu le Président Houphouet-Boigny. Et de citer la Basilique Notre Dame de la Paix, la Fondation Félix Houphouet-Boigny pour la Recherche de la Paix, la Mosquée de la Paix, ainsi que la place Jean-Paul II. Des bâtisses ayant un point commun et une destinée unique : la culture et la recherche obstinée de la paix. C’est pourquoi il a invité les populations à la paix.

Prenant à témoin des cadres de Yamoussoukro présents à ce meeting, notamment le gouverneur N’Dri Appolinaire et M. Jean-Baptiste Akrou, le président du COJEP a demandé à KN, responsable local de la jeunesse patriotique, de former un groupe solide de personnes, qui devra tout mettre en œuvre pour ramener l’unité et la paix entre toutes les populations de Yamoussoukro. En faisant au besoin du porte à porte.
Le président du COJEP a profité de cette tribune pour dire aux jeunes du Nord que son combat n’a jamais été dirigé contre eux, contrairement à ce qu’ils pourraient penser. «Mon combat, celui que je n’abandonnerai jamais, c’est que ce soit la France qui vienne choisir nos dirigeants à notre place», a martelé Blé Goudé. Avant d’attirer l’attention des jeunes du Nord sur la nécessité de rester solidaires et unis pour faire échec à toutes les tentatives du colonisateur d’opposer les différents groupes ethniques, comme ce fut le cas au Burundi, au Rwanda et au Liberia voisin.

Mais le message le plus fort, Charles Blé Goudé a voulu le réserver pour la fin du meeting. Comme une recommandation à tous à la fin de la messe. «Ivoiriens et ivoiriennes, la solution de la crise ivoirienne se trouve dans ton cœur, elle se trouve dans le cœur de chacun de nous, elle se trouve dans la sincérité de chacun, elle se trouve dans la main tendue à ton frère, elle se trouve dans le pardon que chacun accordera à son frère. Pardonnons-nous dans la sincérité», a conclu le «général» Blé Goudé. Avant de libérer la foule qui, pendant plus de 30 minutes, a littéralement escorté le cortège du président du COJEP tout au long du boulevard Mamie Adjoua.

N’Dri Célestin
Correspondant régional

SEMAINE IVOIRIENNE EN TUNISIE - LA CÔTE D'IVOIRE SE VEND A L'EXTERIEUR











samedi 10 mars 2007 - Par Le Temps


Des experts ivoiriens regroupés au sein d'une structure dénommée " Innov'Africa ", projette de faire la promotion de la Côte d'Ivoire, à travers l'organisation d'une semaine commerciale gastronomique ivoirienne dénommée " Semaine ivoirienne à Tunis ", du lundi 2 au samedi 7 avril 2007. C'est ce qui ressort d'une conférence de presse, organisée hier vendredi, au ministère du commerce, par le Directeur de projet M. Noël Bessou. L'objectif visé par cette semaine ivoirienne de Tunis, est de renforcer la coopération entre les pays d'Afrique du Nord et ceux de l'Afrique noire. Permettre aux opérateurs économiques ivoiriens et tunisiens d'avoir accès au marché de chaque pays. Pour le Directeur de projet M. Bessou " l'occasion permettra de créer, explique-t-il, des opportunités de rencontres et d'échanges entre opérateurs économiques pouvant aboutir à de bonnes relations et partenariat d'affaires ". Il soutient que cette initiative de vendre l'image de marque de la Côte d'Ivoire en Tunisie, fait suite aux difficultés d'adaptation, aux problèmes d'alimentation et à l'impossibilité d'accès aux produits de l'Afrique noire par la communauté (négro-africaine) sans cesse croissante en Tunisie. Cette triste réalité qui affecte profondément leur séjour en Tunisie n'aurait pas été, si l'accès aux produits locaux ivoiriens leur était possible ne serait-ce que périodiquement. C'est ce à quoi s'attellera l'organisation de cette semaine commerciale pour pallier ces désagréments.

Jean-Baptiste ESSIS
essis08930194@yahoo.fr

samedi, 10 mars 2007

L'hymne National de La Côte d'Ivoire


L'ABIDJANAISE



Salut ô terre d'espérance
Pays de l'hospitalité
Tes légions remplies de vaillance ont relevé ta dignité
Tes fils chère Côte d'Ivoire
Fiers artisans de ta grandeur
Tous rassemblés et pour ta gloire
Te bâtiront dans le bonheur
Chers ivoiriens, le pays nous appelle
Si nous avons dans la paix ramené la liberté
Notre devoir sera d'être un modèle
De l'espérance promise à l'humanité
En forgeant unis dans la foi nouvelle
La patrie de la vraie fraternité.

Disours du Président Gbagbo aux Ivoiriens et aux Ivoiriennes


Samedi 10 Mars 2007 :: APRES L'ACCORD DE OUAGADOUGOU
Gbagbo Laurent : "J'irai bientôt au nord"

Moins d'une semaine après la signature de l'accord de paix, le Président de la République s'est adressé hier à la nation. Dans une appel des plus conciliateurs, Laurent Gbagbo donne la pleine mesure de sa foi aux conclusions du dialogue direct, et invite les Ivoiriens, toutes obédiences politiques confondues à s'inscrire dans ce plan de sortie de crise.

Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Mes chers compatriotes, Chers amis de la Côte d'Ivoire.


Le dimanche 4 mars 2007, j'ai signé à Ouagadougou, en votre nom à tous, un accord de paix avec ceux qui avaient pris les armes en septembre 2002. Voici quatre ans et demi que nous attendions ce moment ; quatre ans et demi de peine et de souffrances pour notre peuple. Malgré tout, pour ma part, je n'ai jamais désespéré de la Côte d'Ivoire, de la capacité des fils de ce pays à surmonter les difficultés et les malentendus pour se retrouver à nouveau, rassemblés au sein de la République une et indivisible, unis autour de la nation ivoirienne. C'est un grand moment dans notre histoire, une étape décisive vers le règlement définitif de la crise ivoirienne… Au moment où je m'adresse à vous, à la Nation ivoirienne, pour parler de cet accord historique, je voudrais, avant tout, remercier le Président Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, Président en exercice de la CEDEAO et Facilitateur dans le dialogue inter-ivoirien. Il s'est investi personnellement au nom de la CEDEAO mais aussi au nom des liens historiques, culturels et économiques entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, ce pays frère avec lequel nous avons un destin commun. Je suis particulièrement fier que cet accord ait été signé à Ouagadougou et sous l'égide du Président en exercice de la CEDEAO. C'est tout un symbole, le symbole de la solidarité et de la fraternité africaines, de la paix en Afrique de l'Ouest par l'Afrique de l'Ouest, de la paix en Afrique par l'Afrique. Les Africains ne doivent pas avoir peur d'affronter et de régler eux-mêmes leurs propres problèmes. Les autres peuvent nous aider mais leur aide n'aura de sens que si nous acceptons d'assumer nos responsabilités. Je remercie également le Président Thabo MBEKI, Président de la République d'Afrique du Sud dont je ne cesserai de rappeler la méthode de médiation empreinte de détermination mais aussi de courtoisie et de respect pour ses interlocuteurs. J'ai eu à expérimenter l'engagement du Président Thabo MBEKI dans le règlement de la crise ivoirienne lorsque, devant quitter ses fonctions de Médiateur, après l'admission de son pays comme membre du Conseil de Sécurité de l'ONU, il s'est employé, avant ce départ, à organiser à Ouagadougou, le 26 septembre 2006, une rencontre entre le Président COMPAORE et moi-même sur la crise ivoirienne. Tout le monde voit aujourd'hui les résultats de cette rencontre qui peut être considérée comme le prélude à la facilitation confiée au Président Blaise COMPAORE. Je remercie tous ces Africains qui viennent d'administrer au monde entier, la preuve que l'Afrique a les ressources nécessaires pour régler ses conflits. Je souhaite qu'il en soit ainsi en Ethiopie, en Erythrée, en Centrafrique, au Soudan, au Tchad, en Somalie et partout ailleurs sur notre continent. J'encourage tous les acteurs ivoiriens de cet accord, à traduire dans les faits les engagements pris. J'exhorte particulièrement les membres des " Forces Nouvelles " à se maintenir dans la voie que nous avons choisie à Ouagadougou. Je note, avec satisfaction, qu'ils n'ont tenu aucun propos hostile ni adopté aucun comportement d'adversité depuis l'annonce de mon plan de sortie de crise le 19 décembre 2006 jusqu'à ce jour. Cette attitude, observée de part et d'autre, a fait naître chez les Ivoiriens, l'espoir d'une paix imminente. Je félicite les membres des deux délégations ivoiriennes pour avoir conforté cet espoir de paix. Non seulement ils ont su se montrer à la hauteur des enjeux de la crise mais surtout, ils sont restés dignes durant tout le mois passé à Ouagadougou. Ni les dirigeants ni les populations burkinabés n'ont eu à se plaindre d'eux. C'est pour moi un motif de fierté pour la Côte d'Ivoire. Je remercie la Communauté Sant'Egidio, pour son action discrète mais efficace auprès des uns et des autres durant les discussions.

Mes chers compatriotes,Pour résoudre la crise ivoirienne, j'ai fait le choix du Dialogue direct avec nos frères qui ont pris les armes, pour au moins quatre raisons :

Premièrement,
Ce dialogue ne fait appel à aucun intermédiaire. C'est pourquoi il a plutôt fait intervenir un facilitateur et non un médiateur.

Deuxièmement,
Tout le monde se rend compte que malgré les efforts de la Communauté Internationale, la crise ivoirienne persistait. Cela renforce notre conviction que les conflits en Afrique peuvent trouver des solutions grâce aux initiatives des Africains eux-mêmes.

Troisièmement,
Le Dialogue direct vient traduire concrètement une volonté du peuple ivoirien qui l'avait exprimée lors des journées de consultations que j'ai entreprises avec les couches socio- professionnelles et les régions du pays, du 07 novembre au 17 décembre 2006.

Quatrièmement,
Le conflit ivoirien, sur l'échelle de gravité des conflits que la Communauté Internationale a à régler, se situe au 70ème rang. C'est peu de dire que le conflit en Côte d'Ivoire, tel qu'il se déroule, ne constitue pas une priorité pour la Communauté Internationale et ne retient pas son attention comme les conflits en Irak, en Palestine ou au Darfour. Le Dialogue direct entre les autorités ivoiriennes et ceux qui ont pris les armes était donc la seule voie possible pour aboutir à une sortie de crise véritable. L'Accord de Ouagadougou vient le confirmer. L'accord signé à Ouagadougou est le résultat du dialogue direct, un dialogue voulu par moi-même qui l'ai initié et accepté par les Forces Nouvelles. C'est pourquoi il a abouti à l'accord de paix. Il n'y a donc pas de victoire d'un camp sur un autre. C'est la victoire de tout le peuple ivoirien. Nous allons maintenant nous mettre au travail pour appliquer l'accord, qui est notre propre accord, issu d'un dialogue interne. J'ai personnellement et publiquement dit ma satisfaction et manifesté ma joie après la signature de cet accord parce qu'il réunit tous les éléments nécessaires pour ramener la paix en Côte d'Ivoire. C'est en effet le premier accord que tout le monde a salué, à l'intérieur comme à l'extérieur, en raison de son contenu qui aborde toutes les questions restées jusque là non résolues. L'Accord de Ouagadougou est même allé au-delà de la résolution des problèmes de l'heure puisqu'il s'est penché, en plus du désarmement, de l'identification et de la suppression de la zone de confiance, sur des questions telles que celles de l'embargo sur l'importation des armes dont notre pays est frappé, et celles des sanctions individuelles prises à l'encontre de certains acteurs de la crise ivoirienne. Enfin, l'Accord de Ouagadougou a mis en place un chronogramme clair et précis qui fait de chaque Ivoirien et de chaque observateur de la crise ivoirienne, un acteur du Comité d'Evaluation et d'Accompagnement. Jusque là, c'est la Communauté Internationale qui a eu l'initiative des négociations et des Accords de paix. A Ouagadougou les discussions ont été menées sur l'initiative des Ivoiriens, par des Ivoiriens avec pour Facilitateur notre voisin le plus proche. J'invite donc les Ivoiriens à s'approprier cet accord parce qu'un échec dans l'application de celui-ci serait catastrophique, aucune possibilité de pourparlers ne pouvant plus être expérimentée, toutes les voies de recours tant extérieures qu'intérieures ayant été épuisées. Nous devons donc tout mettre en œuvre pour sauvegarder cet accord, le premier conclu à l'initiative des Ivoiriens, entre les Ivoiriens et pour les Ivoiriens. J'invite alors, comme je ne l'ai jamais fait à la suite de la signature d'aucun accord, toute la classe politique, la société civile, les jeunes, les femmes, les travailleurs, à ne rien faire, ni dire qui puisse directement ou indirectement compromettre l'application de l'Accord de Ouagadougou. Je les invite à avoir foi en cet Accord. Je demande à tous ceux pour qui, comme moi, la guerre est devenue pénible et qui ont le souci de permettre à la Côte d'Ivoire de retrouver la paix et de s'attaquer aux véritables problèmes de notre société, de s'impliquer et d'accompagner l'application de cet accord. J'invite tout mouvement, toute association et toute organisation à s'abstenir de tout comportement susceptible de nuire à la réussite de cet accord.
L'Accord de Ouagadougou
lui-même a, par ailleurs, dans le code de bonne conduite qu'il a édicté, demandé à la presse tant nationale qu'étrangère, de ne rien faire qui nuise aux chances de succès de son application. Je me joins aux rédacteurs de cet accord pour en appeler à l'esprit de responsabilité de la presse de quelque bord qu'elle soit, en lui demandant, au nom de tous les Ivoiriens, de contribuer par des propos mesurés, au succès de cet accord que je considère comme le dernier sur la crise ivoirienne. Je mesure toute la responsabilité qui est la mienne, en tant que Président de la République, dans cette dernière phase du processus de paix. Je veillerai à l'application de l'accord que nous avons signé. Je compte sur chacun de vous pour que rien ne vienne compromettre nos efforts. Il est temps qu'on aille à l'essentiel. Il est temps qu'on aille aux élections. Bientôt, nous allons adopter, par voie d'ordonnance, une nouvelle loi d'amnistie. Une autre ordonnance viendra instituer et réglementer le Service Civique National. Le programme d'aide au retour des déplacés de guerre devra se mettre en place. Dès que commencera la levée de la zone de confiance, j'irai moi-même au Nord, au Nord Est, à l'Ouest et au Centre du pays. Le pays doit se retrouver, les Ivoiriens doivent se retrouver. Nous avons un pays à reconstruire, nous avons notre place à tenir en Afrique de l'Ouest, en Afrique et dans le monde. La paix est à notre portée. Ne faisons rien qui puisse l'éloigner et l'amener à nous échapper.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !

Laurent GBAGBO

vendredi, 9 mars 2007

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Emission Lundi Investigation

jeudi, 8 mars 2007

BLE GOUDE-SORO GUILLAUME


Jeudi 8 Mars 2007 :: BLE GOUDE-SORO GUILLAUME

Le rapprochement en marche


Les signaux de part et d'autre sont révélateurs d'une paix des braves entre deux "frères" que les aléas de la vie avaient fini par séparer. Le rapprochement est désormais la chose la mieux partagée entre Guillaume Soro et Charles Blé Goudé.


Le ministre d'Etat, Guillaume Soro, et Charles Blé Goudé, président du COJEP, ont décidé de faire table rase d'un passé récent qui les opposait. Ils ont choisi de faire plus qu'il ne faut pour la paix en Côte d'Ivoire. Anciens compagnons de lutte au sein de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), Blé Goudé et Guillaume Soro verront leur vision pour un mieux-être des étudiants ivoiriens contrariée par une intrusion du politique dans la vie syndicale universitaire. Passons sur toute la rivalité qui a pu les désunir et venons-en aux effets collatéraux positifs du récent accord historique de Ouaga.

Pendant même que les uns et les autres s'affairaient à dresser la table du dialogue direct, "Le génie du Kpô" (Blé) et "Bogota" (Soro), ne cessaient d'être approchés par des amis communs pour que la communication reprenne entre les deux amis. Plus d'un les présentent comme des plus que frères. En effet, pendant leurs années de braise à la FESCI, Blé et Soro ont souvent été logés sous le même toit de la clandestinité. Tour à tour, ils ont eu pour mère protectrice une certaine Elisabeth Kapet, à Yopougon Selmer. Plus tard, une autre âme généreuse les hébergeait à nouveau, mais cette fois, du côté du Plateau Dokoui. Ces preuves montrent si besoin est que Soro et Blé sont liés par l'histoire et par des connections que nul ne saurait faire mentir. C'est pourquoi, ces deux frères, autrefois ennemis, ont accepté de renouer le dialogue. Fut-il par personnes interposées.

Embarquant dans cette opération de retour à la normalité tous ceux qui leur sont restés fidèles. Les sources proches du dialogue direct sont formelles sur un fait. Elles reconnaissent que Guillaume Soro est de ceux qui ont insisté et obtenu que le point 6.4 de l'accord recouvre toute son importance. Ce n'est pas un hasard, dit-on, si celui-ci stipule que "Les parties au présent Accord conviennent de saisir l'Union africaine, par l'intermédiaire de la CEDEAO, pour demander au conseil de sécurité des Nations unies la levée immédiate des sanctions individuelles frappant les acteurs de la crise ivoirienne". Toute chose qui signifie que Guillaume Soro a ouvertement plaidé pour que le chef des patriotes retrouve sa liberté de circuler de par le monde.

Au soir même du 4 mars, au moment où l'accord venait d'être signé, les premiers mots de Sidiki Konaté, proche parmi les proches de Soro, ont été d'appeler l'ensemble des Ivoiriens à initier des actions de paix de grande envergure, "à l'image de la caravane de la paix de Blé Goudé". Peut-on véritablement parler de hasard quand Soro et son plus proche collaborateur parlent de Blé Goudé, sous un prisme qui tranche avec les positions qu'on leur connaissait auparavant ? Que non! Beaucoup d'eau a coulé sous le pont. La conséquence logique de cette embellie est la correspondance écrite des mains de Charles Blé Goudé et adressée au secrétariat général des forces nouvelles à Bouaké, à l'effet pour Soro d'accueillir "la caravane de la paix" que Blé souhaiterait conduire dans cette partie du pays. Le but de cette démarche étant de rapprocher les jeunes du Sud à leurs frères du Nord. Or, l'on sait que l'Accord global de Ouaga de même qu'une telle initiative qui rassemblerait les jeunes des deux espaces géographiques ne saurait prospérer si Soro et Blé se regardent en chiens de faïence. Le rapprochement est donc en marche. A l'image de la Côte d'Ivoire qui retrouve petit à petit ses sens.


William-Varlet ASIA

dimanche, 4 mars 2007

LAURENT GBAGBO ET GUILLAUME SORO ONT SIGNE UN ACCORD DIMANCHE, A OUAGADOUGOU


APA - Ouagadougou (Burkina) Le Président Laurent Gbagbo et le Chef de l’ex rébellion ivoirienne, Guillaume Soro, ont officiellement signé dimanche à Ouagadougou, l’accord paraphé samedi par leurs mandants, pour la solution de la crise qui a bloqué le pays depuis plusieurs années.


L’accord obtenu grâce à la médiation du Chef de l’Etat burkinabé, Blaise Compaoré, porte, selon ce dernier, sur « des solutions pratiques directes au problèmes qui doivent pouvoir lever les obstacles à la résolution des questions essentielles dont l’identification, le désarmement et la tenue d’élections équitables ».


D’abord au plan politique l’accord de Ouagadougou prévoit la formation d’un nouveau gouvernement dans cinq semaines.


Au plan militaire, un Etat major intégré verra le jour avec l’intégration des militaires de l’ex rébellion au sein de l’armée régulière.


Les deux partis se sont également engagés à relancer l’opération de désarmement des ex-combattants.


Toujours sous ce chapitre militaire, il est question de la suppression progressive de la zone de confiance et le retrait à terme des forces onusiennes et françaises.


L’identification générale des populations a été limitée et renvoyée après les élections qui doivent théoriquement se tenir, au plus tard le 31 octobre 2007, selon les termes de la résolution 1721 des nations unies.


L’accord sera supervisé par un Cadre permanent de concertation (CPC) composé de MM. Compaoré, Gbagbo, Soro et des leaders de l’opposition Alassane Ouattara (ex Premier ministre) et Henri Konan Bédié (ancien président).


Outre les protagonistes, le document a été signé par Blaise Compaoré, médiateur désigné par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dont la Côte d’Ivoire est membre.


Cet accord constitue le premier résultat concret des négociations qui se sont déroulées en présence de la délégation de l’Opération des Nations unies pour la Côte d’Ivoire (ONUCI) conduite par le représentant spécial adjoint du secrétaire de l’ONUCI, Abou Moussa.


Blaise Compaoré souhaite qu’il puisse « clore ce sujet tragique du conflit entre Ivoiriens, qui secoue l’Afrique de l’Ouest ».


La guerre en Côte d’Ivoire a connu plusieurs médiations jusque-là sans succès, la dernière avant l’entrée en scène de la CEDEAO, étant celle du Président sud Africain, Thabo Mbeki.


Blaise Compaoré souhaite que le peuple ivoirien « prenne en charge les conclusions des discussions et qu’il veille à leurs applications pour une résolution définitive de la crise ».


Samedi, le représentant des Forces Nouvelles qui avait paraphé le document avait qualifié le texte de l’accord de « bien conforme » aux débats qui ont eu lieu, jusqu’ici.


La crise qui secoue la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, a plongé le pays dans une situation économique jamais connue jusqu’alors, après avoir - ce, jusqu’à nouvel ordre - consacré la partition du territoire en zones "Sud" sous contrôle gouvernemental et "Nord", occupée par les Forces Nouvelles avec Bouaké (369 Km d’Abidjan) comme « capitale ».